Action contre la chasse aux chômeurs : Invités surprises à l’AG du PS bruxellois

Correspondant 8 mai 2014

Ce lundi 5 mai, le PS de Bruxelles tenait son AG... à la Bourse (tout un symbole et un programme : deeemandeez le... !) pour présenter ses candidats aux européenness, avec en maître de cérémonie Yvan Mayeur, le tout chaud (bouillant, même) Bourgmestre de la Ville-capitale.

Averti par un « vent favorable » de ce que cette grande réunion des « camarades » et autres « citoyens » du parti naguère à la rose (il n’en est resté que les épines) risquait (façon de parler) d’être quelque peu « animée », pour ne pas dire agitée, grâce à la participation bénévole (ont-ils déclaré cette prestation « volontaire et gratuite » à l’ONEm ?) de chômeurs en goguette, je me suis donc rendu au dit grand « mitingue ».

Dès l’abord, le ton était donné, avec un comité d’accueil incarné par un Yvan Mayeur des plus suspicieux, face à la présence de camarades (sans les guillemets, cette fois) de divers comités : Riposte, Dites 33, CAE et autres… Lequel Mayeur, me voyant arriver avec mon sac à dos et mon tee-shirt "Vecht voor je recht" (cadeau d’un docker rotterdamois à la manif syndicale européenne), s’est subitement rappelé que nous nous connaissions (depuis les campagnes antifascistes des années 80), lui qui me snobe à présent que je milite pour le droits des allocataires de CPAS et des chômeurs.

Comme je devais manifestement être un des rares « alien » à lui être familier, au moment où je me présentais au « desk » derrière lequel il tenait la vigie, repassant subitement au tutoiement, sur un ton grave et inquiet, il m’a demandé mezzo voce si j’étais au courant de ce qui se tramait, avec tous ces jeunes (et moins jeunes) patibulaires au look suspect, eux aussi arnachés de sacs au probable contenu subversif.

Et de me demander si j’étais dans le coup, voire un des organisateurs ! À quoi je lui ai répondu en jurant sur la tête de mon fils que je ne savais pas les intentions exactes de la joyeuse bande en question, n’étant ni dans le secret des diables (rouges), ni dans leur « État Major », mais que si tel était bien le cas, s’imaginait-il vraiment que je jouerais les informateurs ? Bref, comme j’excipais de ma qualité de journaliste, et comme au Delhaize lui « montrais spontanément le contenu de mon sac » : revues, tracts et affiches pour la manifestation contre la Chasse aux Chômeurs du 11 mai… il m’a laissé passer.

La messe n’a pas été dite...(enfin, pas tout de suite)

Un quart d’heure plus tard, la grand messe était ouverte. Obséquieusement introduit par un chauffeur de salle aux allures de garde du corps (ou de videur de boite de nuit, ce qui s’est avéré exact, quelque temps après), le tout frais Bourgmestre a donc parlé des enjeux qui lui semblaient essentiels dans ce scrutin pour « Nous, les socialistes ». Mais une fois qu’il a abordé la Sécu, « trésor » à la préservation de laquelle le PS était indéfectiblement attaché, il s’est évidemment attiré les « compliments » et rappels « dérangeants » (dans tous les sens du terme) d’une jeune femme assise dans les premiers rangs sur les attaques contre l’assurance chômage. Tentant de poursuivre, au fur et à mesure de son laïus et plaidoyer pro domo, il s’est heurté à de semblables mises en cause, fusant de toute part.

Après quatre ou cinq interpellations/interruptions de ce type, lancées par les contestataires disséminés dans les gradins, Yvan le Terrible a fait vider la salle, tel un juge en majesté depuis son prétoire (« Silence, où je fais évacuer… »), annonçant que, par respect de la démocratie (sic), n’y seraient ensuite admis et réintégrés que les membres du parti estampillés et en ordre de cotisation (ou quasi). Même le « reporter » que j’étais pour l’occasion s’est fait apostropher et sommer de quitter les lieux.

« Au secours, l’extrême-gauche (re)vient ! »

Le plus marrant, c’est que les membres PS hystériques, une bonne part hurlant contre les « fascistes » (sic) qui osaient couper la parole et la chique à l’orateur vedette, étaient tous persuadés d’avoir affaire à un mauvais coup du PTB. Extrait aussi significatif que symptomatique de cette paranoïa anti-PTBiste primaire, sur le mode grand complot, « Ils sont partout ! », l’exclamation à mon encontre (encore plus drôle, tout le monde sait que je suis un fervent agent du « Parti des gens, pas de l’argent ») d’un des ces vociférateurs : « Vous avez perdu les syndicats… » (fine allusion aux appels du pied et courte-échelle de Demelenne pour le vote « utile » PS et à la sortie parallèle et néanmoins symétrique de De Leeuw en faveur du SPa)… « c’est pour ça que vous vous vengez, pas vrai ?! ».

J’ai eu beau lui répondre que le PTB était bien trop soucieux de ne pas écorner son image de parti « raisonnable et respectable », en ces temps électoraux (pour ne pas dire électoralistes) pour se lancer dans des « opérations » de ce type… aucune chance de l’avoir convaincu, tant l’hystérie anti-« gauchiste » était à son comble.

C’est pas moi, m’sieur, j’vous jure…

Cette fin de partie précipitée m’a permis d’être bien à temps au meeting électoral de la CGSP Bxl, assez mortel (la moitié de la salle s’était déjà barrée, assommée par un « débat » assez verrouillé et d’une rare mornitude). En y arrivant, j’ai croisé un candidat PTB bruxellois, un peu paniqué par le « bruit » qui lui était déjà parvenu d’une « accusation » de chahut organisé par son parti.

Je lui ai expliqué que, au vu (c’est le mot) des perturbateurs et de leur dégaine, il fallait être aussi débile que les caciques PS et leurs « ouailles » pour y voir un complot pétébiste, alors que de toute évidence, on avait affaire à des « activistes »des mouvements sociaux, type Indignés et autres « alter »… Pas vraiment le (bon chic bon) genre des candidats et militants du Parti des Gens… Mais là non plus, j’ai bien vu que cette évidence ne l’a qu’à moitié rassuré.

De notre correspondant à l’AG du PS,
À vous les studios…

Voir aussi le reportage vidéo.